Benjamin Kowialiewski

Prix des Amis de l'Université de Liège 2024


Benjamin Kowialiewski travaille en tant que Chargé de recherche FNRS au sein de l’Unité de Recherche PsyNCog (Psychology & Neuroscience of Cognition).

Benjamin Kowialiewski

© Benjamin Kowialiewski

Ses recherches

Ses travaux portent sur la mémoire, et plus particulièrement sur la mémoire de travail, une fonction cognitive centrale chez l’être humain. Elle nous permet de maintenir temporairement des informations afin de poursuivre un objectif. Nous y faisons appel en permanence dans notre quotidien : pour mémoriser un numéro de téléphone, suivre une conversation, ou encore se mouvoir au sein d’un trafic routier dense. La mémoire de travail est souvent décrite comme une mémoire tampon : on l’utilise pour des traitements très courts, puis son contenu est rapidement évacué une fois devenu inutile. Les outils dont nous disposons pour l’étudier de la manière la plus précise et efficace sont aussi les plus simples. Il s’agit généralement d’inviter des volontaires en laboratoire, de leur demander de mémoriser des informations, puis de tester leur mémoire. Pour mieux comprendre son fonctionnement, on la sollicite au-delà de ses capacités, ce qui mène les volontaires à se tromper et donc à produire des erreurs. L’analyse de ces erreurs permet d’inférer les mécanismes sous-jacents à la mémoire et d’identifier ses propriétés fondamentales. Le travail de B. Kowialiewski consiste à définir ces propriétés fondamentales et à les implémenter dans des modèles mathématiques, qui servent ensuite à formuler des hypothèses testables par de nouvelles expériences. Il s’intéresse en priorité au fonctionnement de la mémoire dans son état dit « normal », c’est-à-dire lorsqu’elle opère de manière optimale, sans altération pathologique ou déficitaire.

 

Sa vie de chercheur

En un mot?

Exigeante

 

En un chiffre ?

1

... Une seule obsession à la fois, mais toujours en profondeur

 

En un lieu ?

Mon éditeur de code (Neovim)

 

Retour sur son parcours

B. Kowialiewski a commencé par un bachelier en psychologie suivi d’un master en neurosciences cognitives. Il s'est rapidement intéressé à la mémoire de travail, le menant à monter un projet doctoral en collaboration avec Steve Majerus portant sur les liens entre mémoire et langage. Via ce projet, il a obtenu une bourse FNRS grâce à laquelle il a réalisé une thèse de doctorat. À l’issue de cette thèse, il a décidé de continuer ses travaux sur la mémoire de travail dans des laboratoires à l’étranger, ce qui lui a permis d’acquérir progressivement plus d’indépendance. Il a d’abord effectué un postdoctorat d’un an en France à l’Université Grenoble-Alpes en collaboration avec Sophie Portrat et Benoît Lemaire. Ce postdoc était centré sur la modélisation de la mémoire de travail, et plus particulièrement sur les mécanismes permettant le maintien des informations en mémoire au fil du temps. Il a ensuite passé trois ans en Suisse, à l’Université de Zurich, dans le cadre d’un postdoctorat avec Klaus Oberauer. L’essentiel de ce travail portait sur le développement d’un modèle mathématique visant à décrire comment la mémoire représente ce qu’elle stocke (c’est-à-dire, sous quel format). Il continue actuellement ses travaux en tant que chargé de recherche FNRS.

Son conseil aux (futur·e·s) docteur·e·s ?

La manière dont vous structurez votre travail importe bien plus que le nombre d’heures réellement consacrées à celui-ci. Cela passe notamment par l’automatisation des tâches qui peuvent l’être – par exemple à l’aide de programmes informatiques – ainsi que par une planification en amont de la structure de vos projets et de vos données.

 

Ses projets pour l'avenir

B. Kowialiewski a pour ambition de continuer ses travaux sur la mémoire de travail à l’ULiège comme chercheur qualifié FNRS, poste pour lequel il vient de soumettre un projet de recherche. Plus précisément, il souhaite mieux définir les propriétés fondamentales de la mémoire en testant les modèles mathématiques existants et en les affinant.

Selon lui, dans son domaine de recherche, trop de ressources sont allouées à la collecte de nouvelles données empiriques dans une démarche purement exploratoire ou confirmatoire, et pas assez à la mise à l’épreuve des théories existantes. Rejeter les explications théoriques existantes est parfois perçu négativement, alors que cela devrait précisément être au cœur de la démarche.

Il est convaincu que notre compréhension de la mémoire ne progressera que si l’on consacre davantage de temps à construire des théories solides et à les tester rigoureusement par le biais du processus de falsification.

modifié le 08/05/2025

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