Carole Guesse est Docteure en Langues, Lettres et Traductologie de l'Université de Liège. Elle a consacré sa thèse de doctorat au
« posthumain », entre personnage de fiction et concept philosophique.

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« Le posthumain », entre personnage de fiction et concept philosophique

Carole Guesse consacre sa thèse de doctorat au « posthumain », qui est à la fois un type de personnage dans les récits de science-fiction (cyborgs, mutants, clones, robots, zombies…) et un concept philosophique inspiré de ces personnages. L’idée centrale du posthumain est que la confrontation avec des entités non-humaines qui présentent pourtant des caractéristiques humaines nous permet de nous interroger sur l'essence même du concept d'« être humain ».

Cela concerne la technologie, bien sûr : les machines pourraient-elle un jour être capables de penser, d’éprouver des émotions ? Celui ou celle qui s’implante des puces permettant d’améliorer ses sens est-il encore humain·e ? 

Et également les animaux non-humains : si la science nous permet de découvrir chez certains animaux des capacités similaires aux nôtres (émotions, rituels, créativité…), devrait-on les traiter de façon plus « humaine » ? Si la science, encore, prouve que tout ce qui se trouve dans notre organisme n'est pas humain (parasites, virus…), sommes-nous tout à fait, entièrement humains ?

Les théories du posthumain, qu’on appelle « posthumanism » dans le monde anglophone, se penchent sur ce genre de questions et diffèrent du « transhumanisme », dont on parle plus souvent dans les médias. L’objectif de la thèse de Carole Guesse était de décrire ces deux mouvements, de tracer leur historique, et surtout, d’étudier la façon dont ils utilisent les versions fictionnelles du posthumain. Ses recherches ont abouti à une classification des utilisations de la fiction par ces deux mouvements pour développer, tester, présenter, expliquer, illustrer ou même valider et propager leurs idées.

Il existe beaucoup d’introductions au posthumain, mais la plupart se penchent directement sur la figure ou alors ne concernent qu’un domaine bien précis (la littérature, le cinéma, la philosophie, l’éthique, la sociologie…). C. Guesse est l’une des rares à s’intéresser aux écrits sur le posthumain avant de s’intéresser à la figure en elle-même, et à prendre en compte l’ensemble de ces écrits, indépendamment de leur discipline ou perspective.  

Retour sur son parcours

En 2009, c'est un peu par hasard que Carole Guesse atterit en Langues et littératures modernes, orientation générale (anglais, espagnol) à l’ULiège sur un coup de tête, après quelques semaines infructueuses dans une autre option, dans une autre université. Elle effectue son bachelier sans encombres et choisit de s’orienter vers un master à finalité approfondie.

En 2014, alors qu'elle termine son mémoire, elle postule déjà pour des bourses de doctorat et entame un master à finalité didactique. Elle reçoit une bourse non-fria de l’ULiège en janvier 2015 et entame son doctorat, au-cours duquel elle effectue un séjour de recherche de 7 mois à l’Academia Belgica de Rome (7 mois). Elle obtient son doctorat en Langues, Lettres et Traductologie en 2019.  

Son conseil aux (futur·e·s) docteur·e·s ?

Le meilleur et pire conseil que je puisse donner, c’est de mettre en place des échéances qu’on ne peut pas ne pas respecter. Pour ma part, c’est de définir une date de soutenance avant même d’avoir fini ma thèse qui m’a mis la plus grande pression, mais m’a également donné le meilleur boost.

Ses projets pour l'avenir

C. Guesse souhaite continuer à s'investir dans la recherche. Elle vient de décrocher un postdoc d’un an dans un projet qui lui tient à coeur et travaille également à mi-temps dans une haute-école.

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