Sophie Servais est médecin clinicien en Hématologie au CHU de Liège et médecin chercheur au laboratoire d'Hématologie de l'Université de Liège pour la Fondation Belge contre le Cancer. Elle consacre ses recherches à la greffe de cellules souches hématopoïétiques et à l'étude des réactions immunologiques entre les cellules du donneur et du receveur lors de la GVH ainsi qu'aux facteurs qui peuvent influencer celles-ci.

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Des recherches innovantes

La greffe de cellules souches hématopoïétiques, appelée communément « greffe de moelle osseuse », est un traitement efficace pour la prise en charge d’un grand nombre de cancers du sang, tels que certaines leucémies. Ce traitement se réalise en 2 étapes successives : l’administration d’une (radio)chimiothérapie pour détruire la moelle malade du patient, suivie de la greffe d’une moelle normale, prélevée chez un donneur sain. Or, lors de la greffe, le greffon ne contient pas seulement des cellules souches (cellules « mères » qui vont progressivement repeupler la moelle osseuse du patient qui produit les cellules du sang) mais aussi des cellules immunitaires du donneur (collectées en même temps que les cellules souches lors du don). Ces cellules immunitaires du donneur contenues dans le greffon sont importantes pour l’évolution du patient après la greffe car : elles participent à la reconstitution du système immunitaire après la greffe et donc à la défense du receveur contre les infections ; et elles sont capables de réagir contre les cellules tumorales du patient (effet bénéfique anti-tumoral).

Malheureusement, elles réagissent parfois contre des organes sains du receveur et peuvent léser ceux-ci (effet néfaste appelé « greffe-versus-hôte » ou « GVH »). L'essentiel des travaux personnels de Sophie Servais au sein du laboratoire d'hématologie de l'Université de Liège se consacre à l'étude des réactions immunologiques entre les cellules du donneur et le receveur lors de la GVH et à l'étude des facteurs qui peuvent influencer celles-ci.

La GVH est une complication sérieuse, parfois mortelle et qui est encore trop fréquente. Aujourd’hui, l’ensemble des mécanismes qui régissent sa survenue n’est pas encore complètement élucidé. Or, une bonne compréhension de ce phénomène est nécessaire afin d’améliorer les stratégies de prévention et de traitement de cette complication grave après greffe de moelle osseuse.

Les travaux menés dans le laboratoire d'hématologie de l'Université de Liège ont permis de démontrer l'implication d'un sous-type de cellules dans les réactions pro-inflammatoires lors de la GVH (appelées lymphocytes Th17) et d'identifier celles-ci comme potentielles cibles de traitement. Le laboratoire étudie également les effets de certaines thérapies à base de cellules immuno-régulatrices (telles que les cellules souches mésenchymateuses et les lymphocytes T régulateurs).

Sa vie de

chercheuse

En un mot?

Passion

En un chiffre ?

7 (7j/7)

En un lieu ?

Université de Liège

 

Retour sur son parcours

De 2002 à 2009, Sophie Servais poursuit ses études de Médecine à l'Université de Liège. Elle y apprend le travail, la rigueur et l’organisation, mais y découvre surtout une véritable passion pour les sciences médicales, en particulier pour la biologie, la physiologie, l’immunologie et puis, un peu plus tard, pour l’hématologie.

En deuxième et troisième années, elle devient « élève-moniteur » et encadre ses cadets pour les travaux pratiques de biochimie et de physiologie. Pendant plusieurs mois, elle se rend également de façon hebdomadaire dans un laboratoire de recherches en biochimie pour un stage d’observation. Il s’agit là de son premier contact avec le travail de recherches en laboratoire.

Au terme de la cinquième année de médecine, son orientation se précise et elle développe un attrait particulier pour l’hématologie. Parallèlement à sa formation en hématologie clinique, elle poursuit également un doctorat en sciences médicales au laboratoire d’Hématologie (GIGA-I3, Université de Liège) de 2009 à 2014.

Après une année à l’hôpital Universitaire Saint-Louis de Paris et 3 années de mandat en tant que chercheur post-doctorant auprès du FNRS, elle est aujourd"hui médecin clinicien en Hématologie au CHU de Liège et médecin chercheur au laboratoire d'Hématologie de l'Université de Liège pour la Fondation Belge contre le Cancer.

Projets pour l'avenir

Au cours des prochaines années, avec son équipe, S. Servais planifie d'évaluer l’influence possible des hormones digestives sur la reconstitution immunitaire après la greffe et sur les conséquences qui en découlent, en particulier, le risque de GVH.

Son conseil pour les (futur·e·s) docteur·e·s ?

Les clés pour réussir une carrière de médecin-chercheur sont selon moi : passion, persévérance, curiosité, humilité, patience, communication et écoute.

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